En passant la place principale, elles aperçurent une ménagerie magique et ne purent résister à l’envie d’aller y faire un petit tour. L’endroit était rempli de cages contenant des animaux de toute sorte en passant par le moineau qui sifflait la symphonie n°9 de Beethoven à l’orignal bleu miniature. Sur un perchoir accroché au plafond, se tenaient fièrement trois phénix qui observaient les nouvelles venues d’un œil doré. L’un d’eux, celui qui semblait le plus vieux, regardait Marie-Chantale avec beaucoup plus d’intérêt.
-Ah! Nous avons deux clientes à ce que je vois! Fit la petite sorcière aux verres épais qui tenait le magasin. Alors mes chéries, vous chercher un animal de compagnie?? Nous avons un rabais sur les geckos siffleurs! Très populaires auprès des jeunes filles! Rajouta-t-elle en pointant un vivarium rempli de petits lézards tigrés.
-Euh... non merci on va regarder. Déclina Geneviève.
-Bon et bien je dois retourner m’occuper des petites pestes en arrière boutique. Si vous avez besoin d’aide, vous n’aurez qu’à m’appeler, dit la petite madame.
Elle s’en retourna par une porte du fond qu’elle laissa entrouverte.
Gen fit le tour des animaux du magasin tandis que Marie-Chantale, mal à l’aise, essayait d’échapper au regard du phénix.
-Non, trop gluant... non, trop poilu... aaah! Ça c’est mignon! ...mais venimeux... Commentait tout haut Geneviève
-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!
-Qu’est-ce kia???
-Il me court après!!!!!!!!! Fit Marie en passant devant sa siamoise suivit de près par le phénix.
-OooOOOOoooooh! C’est mignon! Je crois qu’il t’a adopté, remarqua Gen après que l’oiseau ait élu domicile sur la tête de Marie-Chantale.
Un énorme fracas parvint de l’arrière boutique faisant envoler le phénix et sursauter les filles. Une petite créature argentée sortit de la porte entrouverte et fonça sous la robe de Gen avant même qu’elle n’eut le temps de voir ce que c’était!
-EEKK!!!! J’ai une bibitte sous ma robe!!!! Enlevez-la!!!! Ça chatouille!!!
La propriétaire sortit en trombe en fulminant.
-Où est-il!?!?! Il a fait renverser une étagère complète de Miamhibou!!! Si je l’attrape je lui arrache les écailles une par une!!!! Rugit-elle en brandissant sa brosse à récurer les cages comme si c’était une hache.
Au son des cris enragés de la petite sorcière qui semblait avoir enflé de colère, le machin-truc sembla se calmer et Gen le sentit trembler contre sa jambe. Celle-ci releva doucement un pan de sa robe pour découvrir ce qui y avait trouvé refuge.
-Un bébé dragon!?! C’est un bébé dragon!!! Fit-elle en ouvrant de grands yeux émerveillés.
Avant même que le petit lézard argent n’ait pu s’échapper, elle l’attrapa et le serra dans ses bras d’une façon surprotectrice.
-Je le prends!!!!!!!!!!!!!!!
La sorcière semblait particulièrement heureuse de se débarrasser de lui et retrouva un semblant de calme.
-Ce n’est pas un bébé, il est juvénile mais il ne grandira pas beaucoup plus, c’est un dragon miniature! La seule espèce de dragon considéré comme représentant un danger négligeable -mon oeil! Je l’ai reçu pour tester si on pourrait les mettre en vente libre mais c’est une catastrophe ambulante! Si vous tenez à votre mobilier....
Mais elle vit bien que la jeune fille n’en avait cure, elle câlinait le dragon serré très fort contre elle, et celui-ci semblait se demander si il ne préférait pas retourner affronter le courroux de la propriétaire à la jeune fille quasi hystérique qui le tenait dans une poigne de fer.
-Très bien, soupira la dame. J’avoue ne pas être mécontente de m’en débarrasser.
Elle se retourna vers M-C.
-Et vous mademoiselle, vous avez fait votre choix?
-Emmmm.... je sais p.. AAAh!
Le phénix venait de retourner se percher sur sa tête.
-C’est le phénix qui choisi son maître, fit la dame sur un ton connaisseur. Comptez vous chanceuse, très peu de personnes, de votre âge surtout, ont la chance d’en posséder un!
-Eh bien! Dit Marie en caressant du mieux qu’elle pouvait l’oiseau sur sa tête, je vais le prendre!!!
Le phénix laissa échapper un sifflement doux et apaisant.
-Très bien!je suppose qu’il serait mieux que je les envoie directement au château, car vous allez à NordStar n’est-ce pas? Le transport est gratuit, ajouta-t-elle en voyant les filles hocher de la tête, ainsi que le guide de l’heureux propriétaire d’animaux magiques et mystiques.
Elle leur prépara tout ce qu’elles avaient besoin (nourriture, cage de transport, etc) et les deux heureuses propriétaires de... en tout cas! Elles payèrent et ressortirent du magasin le cœur et le porte monnaie plus léger!
Elles continuèrent leur chemin mais elles ne se rendirent pas très loin avant d’encore arrêter.
-On va tu là? Demanda Marie-Chantale.
Geneviève leva la tête et regarda l’insigne de la boutique que son amie lui montrait.
-«Káùssaîn Mâjyk», répondit-elle, j’espère que la boutique a plus de quotient que la pancarte.
-On a juste à aller voir! Dit-elle en poussant la porte.
La boutique aurait parue grande si il n’y aurait pas eu des étagères (où il y avait toutes sortes d’objets magiques qui faisaient de drôles de bruits) ainsi que des tables (qui étaient remplies de toutes sortes de choses colorées semblant les plus inutiles les unes que les autres mais qui avaient tout de même l’air très amusantes) et des supports à vêtements (sur lesquels il devait y avoir des centaines d’habits froissés) placés un peu n’importe comment. Les quelques lumières qu’il y avait étaient obstruées par de multiples voiles colorés qui pendaient du plafond et retombaient jusqu’au sol. Il y régnait une odeur indéfinissable, comme un mélange de toute sorte de parfums à l’effluve forte. Derrière le comptoir, il y avait une jeune femme avec les pieds sur le meuble entrain de lire un livre en mâchant de la gomme. Elle ne semblait pas avoir remarqué la présence des deux filles qui s’avancèrent lentement dans la pièce.
-Par où on commence? Demanda Marie.
-Je sais pas, il y a plein de choses! Lui dit l’autre. On n’a qu’à aller de gauche à droite en zigzagant et en essayant de ne pas se perdre!
Elles se dirigèrent donc vers la « section » vêtement à gauche. Il y avait toute sortes de capes, de foulard, de chapeau, de souliers de même que quelques robes à bon marché.
-Aaaaaah! Un chapeau melon! Cria Marie. J’en veux un!!!!!
Sur ce, elle fit les quelques pas qu’il lui restait jusqu’au porte chapeau, elle prit le chapeau en question (qui était blanc) et le montra fièrement à sa siamoise.
-Il est joli hein??? Je le veux!!!
-Marie, t’as pas vraiment l’intention d’acheter ça?!? Dit Geneviève, découragée.
-Bah oui! Tu l’aimes pas? Ajouta-t-elle en l’essayant.
Elle se regarda dans le miroir et eu la surprise de voir le chapeau virer du blanc au bleu pâle.
-Ooouuh! Ça aussi c’est magique!
-Faudra s’y faire, fit Gen en regardant un papier collé sur un des chapeaux, ils changent de couleurs selon tes émotions… et tu es bleu pâle, donc tu es contente/heureuse!
-Bah au moins ça l’a raison!
Geneviève regarda autour d’elle cherchant quelque chose du même genre n’étant pas un chapeau. Elle trouva une cape qui était dans un grand bac juste à côté et la mit sur son dos.
-Elle est vraiment belle, dit-elle en s’observant à son tour dans le miroir, regarde! Moi aussi je suis heureuse!
Elles continuèrent de se promener dans la boutique, ébahies devant tant de choses magiques. Finalement, elle ressortirent toutes deux avec un grand sac et satisfaites de leurs achats.
Geneviève avait acheté, en plus de sa cape, un petit coussin chauffant pour son dragon, des étoiles et des lunes autocollantes pour coller au dessus de son lit, quelques cadres pour mettre des photos de sa famille sur sa table de chevet et une espèce de créature à trois bouche qui servait de radio (il suffisait de lui dire ce qu’on voulait entendre et elle le chantait).
Marie-Chantale, quant à elle avant acheté son magnifique chapeau melon, un pot à fleur avec des fleurs multicolores qui changeaient de couleur aléatoirement, une petite figurine de chat qui bougeait (Vous savez, comme celle de Victor Krum) ainsi qu’une petite horloge coucou… ou plutôt une horloge phénix puisque c’est ce qu’il y avait à la place du coucou.
Elles avaient toutes deux acheté une grande cape rouge bordée de fourrure et des gants en peau de dragons.
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-Bon! On est enfin arrivées!!!
Semblable à la description du magasin de M. Ollivander, celle de M. De Chomedey et fils était pleine d’étagères remplies de boites de baguettes couvertes de poussières. L’atmosphère était très étrange comme si une sourde vibration émanait de toutes les baguettes autour.
-Renaud! Nous avons des clientes! Viens les accueillir! Tonna un vieillard qui était assis dans un coin à observer une baguette d’apparence aussi vieille avec un monocle loupe.
-J’arrive, grand-père...grommela un jeune homme d’environ 22 ans qui sortit d’on ne sait où.
Il épousseta la poussière collant à sa robe et alla rejoindre les filles.
-Bienvenue dans notre établissement, que puis-je faire pour vous?
-Elles viennent pour leurs baguettes, c’est évident! Lança le vieux d’un ton irrévérencieux.
-C’est une formule de politesse grand-père! Rétorque le jeune, les dents serrées. Je suis capable de m’occuper de ces clientes tout seul!
-Alors tu n’as qu’à cesser de dire des sottises et je me tiendrai tranquille! Fit le vieillard en s’intéressant à une autre baguette décrépite.
-....Ne vous occupez pas de mon grand-père. Soupira le dénommé Renaud en invitant les deux filles restées figées dans l’entrée à s’avancer. Il semble....ne pas me considérer digne d’hériter de cet établissement....ce dont j’aurais bien pu me passer. Ajouta-t-il tout bas.
Le vieux laissa échapper un espèce de bruit entre l’irritation et l’indignation. Il avait probablement entendu.
-Bon! Cela n’a pas d’importance, se dépêcha de dire le jeune homme, si mesdemoiselles veulent bien me suivre... Vous venez pour une réparation?
-Euh, non en fait...on a pas encore de baguette....fit timidement Geneviève, mal à l’aise.
-Pas encore....euh, bien, d’accord, alors j’ai quelques mesures à prendre avant.
-Comme la grosseur de nos trous de nez? Chuchota M-C à sa siamoise en riant.
Le jeune De Chomedey revient avec un ruban et pris diverses mesures, dont, en effet, l’écartement de leur narines, ce qui fit rire les jeunes filles (et lui rendirent la tâche plus difficile).
Le vieux semblait sincèrement désespéré par la technique maladroite de son petit-fils et finit par lui arracher le ruban des mains pour finir le travail.
-Tenez-vous tranquille, mademoiselle je vous prie! Lança-t-il à M-C (il avait une haleine de fromage bleu....ya pas à dire, M-C se tint tranquille après).
Lorsqu’il eut fini, il marmonna "étrange..." et...reprit les mesures une deuxième fois sur les deux filles intriguées. Il finit sa besogne, les sourcils encore plus froncés d’incompréhension et finit par donner son verdict:
-Bon alors dans la section 248-BJ...
-Je sais où aller grand-père! Fit l’autre sincèrement irrité d’être ridiculisé devant les deux filles.
-C’est étrange.... très étrange....marmonnant le vieil homme en retournant s’asseoir.
-J’ai ptêtre pogné la baguette de Voldemort? Dit Gen tout bas à sa petite cousine.
Renaud revint les bras chargés de longues boîtes minces, les posa sur le comptoir et farfouilla dedans.
-Euh, pardon monsieur, mais...qu’est-ce qui est étrange demanda Geneviève.
-La rangée 248-BJ34. C’est une rangée contenant des baguettes très puissantes. Certains grands mages finissent par...dépasser les capacités de leur baguettes originales et viennent alors les changer pour l’une d’entre-elles. Pourtant, c’est incroyable... mais les mesures sont formelles....la proportion donne bien 248-BJ34!
-Cesse de bavarder et fais-les essayer! Lança le vieillard.
-Alors, 25 cm, bois de palmier contenant un poil de sphinx, parfait pour les sorts très très complexes, pour vous (il la tendit à Marie) et pour vous, 27 cm en bois d’ébène contenant une dent de basilic en poudre, mauvais caractère mais beaucoup de puissance, pour vous (il la donna à Gen.). Bien! Agitez-les maintenant!
-Pas en même temps jeune fou! Avertit le vieux.
Mais trop tard, à peine les deux filles bougèrent un peu le poignet et ce fut le cataclysme! Il y eut un grand bruit d’explosion, Renaud, qui se tenait en face d’eux fut projeté dans les étagères, toutes les boîtes dans ces dernières jaillirent hors des tablettes et se consumèrent, les baguettes à l’intérieur lançant des étincelles de toutes les couleurs. Les 4 être humains pris dans ce malstrom se demandaient encore comment ils avaient survécut à ce chaos sans prendre feu lorsqu’ils furent tirés en dehors par les passants alertés par le bruit et l’épaisse fumée multicolore qui avait jailli des fenêtres.
À peine eut-t-il fini de tousser que le vieux De Chomedey s’en prit à son petit-fils :
-Regarde ce que tu as fait triple idiot!!! Mon magasin, c’est une ruine!!!! Je t’avais dit de ne pas les faire essayer en même temps espèce de sot!!!!-J’en ai assez de vos récriminations!!! Hurla Renaud aussi rouge que son grand-père. Ça n’a pas pu être la cause de cette catastrophe et vous le savez très bien!!! Ce sont des baguettes excessivement dangereuses!!!! Elles devaient être défectueuses!!!
-Défectueuses par ce que tu les a mal entretenues!!!!
-Je...Vous....Vous êtes de mauvaise foi, c’est écoeurant! J’entretiens toutes les baguettes avec le plus grand soin comme vous me l’avez montré!!!!!
-Alors ce sont ces filles qui étaient trop jeune pour les maîtriser!!!
-Vous étiez aussi d’accord sur le fait de leur faire essayer les 248-BJ34 que moi je vous rappellerai!!!
...
Après que la prise de bec publique des deux De Chomedey se soit finie, on alla inspecter les dégâts dans le magasin, et heureusement, il y avait eu beaucoup plus de peur que de mal. Le matériel n’était pas bien endommagé mais il faudrait beaucoup de temps pour tout remettre en ordre. Le grand-père et son petit-fils s’attelèrent donc à la tâche et pour une fois, sans se crier après.
Le temps de retourner à l’école était venu, et c’était sans baguettes magiques et sincèrement traumatisées que Marie-Chantale et Geneviève reprirent le chemin du château.
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Notes : Les commandes pour les Griffons sont en elfique (en Sindarin en fait, la langue des hauts-elfes) et voilà leur signification :
Avorn : Accélère
Daro : Stop, attends
Revia : Vole
Sedh : reste calme, ne bouge plus
Aussi, Nuhtshimitsh est un mot Innu qui signifie « le territoire » (et non pas la forêt comme M-C et moi pensions quand nous avons baptisé le village….), parlé par les Amérindiens de Mashteuiatsh entre autres.
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L'oeil d'Horus, aussi appelé oeil d'Oudjat, est le symbole de la victoire du bien sur le mal. Il symbolise également l’entier, la santé et l’intégrité. Il était utilisé en Egypte comme une sorte de porte-bonheur, de protection contre les maladies.